Les plumes d’Asphodèle seront accompagnées :
      – des mots de mars et d’avril,
      – de l’exercice d’écriture de Raymond Queneau qui surfe sur la toile depuis plusieurs mois (110 jours) que je pratique mais sur papier !

Mots de mars sont : douceur, printemps, déserter, sommeil, chaleur, reconnaissance, air, paresse, bernard-l’hermite, edredon, plume, aile, volupté, insouciance, liberté, virevolter, cigogne, vaporeux, nuisette, ubac, univers, urgence. 
Ils y sont tous ! A quelques nuances près…

Mots d’avril sont : allergie, velléité, brise, espérance, étincelle, écrire, déplaisir, censure, enfant, amour, voyage, peluche, chocolat, (se) tapir, envol, baiser, attendre ou attente,  vibrer, volutes, valser.
Ils y sont tous ! A quelques nuances près…

Les jours de Queneau sont le 22 avril avec “auj c’est je renonce à” et le 24 avril avec “auj à 11h30 précises” respectivement.

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Aujourd’hui je renonce à comprendre l’univers des autres hommes, leur logique, leur air sérieux, la reconnaissance qu’ils me donnent avec douceur et que je recherche avec chaleur, si ce n’est avec exigence… Quelle insouciance ! Quelle liberté !

Je déserte ainsi la place publique, je me cache sous l’édredon – ceci n’est qu’une pixellisation de bernard-l’hermite : aujourd’hui, on fait des plaids. J’envie la cigogne qui m’a laché en ce vaporeux printemps 2015. Plus d’ailes protectrices ! Plus de paresse non plus !

Je dois travailler plus ! mieux ! bien ! Tirer de ma timidité british légendaire une voix virevoltante pour laquelle un roi cèderait son royaume, si légère que le sommeil deviendrait un songe d’une nuit d’été, si spontanée que le vocable baignerait dans une volupté  à couper le souffle.

Que les Plumes en soient les starting-blocs ! Les témoins de mon ardeur devant les mots !
M’ébrouer du cru d’ubac qui m’enveloppe le col dès que je pose le pied au-delà de la Manche.

Et dans l’urgence de l’écriture, j’ai juste rangée la nuisette  au dressing-room – chut, c’est pour un rendez-vous…

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Aujourd’hui, à 11h30 précises, j’ai rendez-vous avec Juliet. Ah, la belle Juliet ! Ma belle Juliet !

Je ne sais l’écrire… Je ne sais le lire…

Elle m’en veut toujours autant pour cette censure qui se tapit au fond de la gorge, étouffant avec moi les mots sensuels et les effets voluptueux.

Aujourd’hui, à 11h30 précises, c’est jour de fête. Juliette attend avec patience le regard déferlant d’étincelles la brise qui la fera tourbillonner.

A 11h30 précises, je la rêve dans un envol de pétales de roses et feuilles d’automne. Julia préfère les vastes robes au col épanoui de la valse.

A 11h30  précises, très longtemps après minuit, petite peluche qui vibre gracieuse au gré des volutes de la salle de bal, boîtes de chocolat et billets de voyage délaissés aux velléités du jour naissant, Giulietta use de ses souliers à semelles rouges ma douce espérance qui se consume à petit feu.

Tous les jours, à 11h30 précises, peu avant midi, jolie femme-enfant dont aucune allergie ne froisse la chaleur de son verbe, gente dame qui d’un geste balaie tout le déplaisir du monde, un baiser de toi, ma Juliet, et je ne serais que la fumée sinueuse d’une étoile filante…

Je ne sais que le dire… avec amour… Je t’aime Juliet !

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