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Ça commence par un éclat de lumière parterre, parmi le gravier épars du sentier forestier, le soleil qui se reflète sur la crête d’un chopper. Puis des branchages cassés à la poursuite du passé.
La Mé recueille précieusement l’eau du Robec, rivière parterre.

(*) d’à peine 10 cm de profondeur.

Une fois à la chaumière, elle apprête ses trouvailles. Elle mouille une extrémité d’abord. Un couteau aiguisé en main, elle entaille en cercle l’écorce du branchage. Puis elle tapote l’ensemble pour finir par enlever la fine écorse en une seule pièce.

Tout au long du processus, elle chante.
D’abord intrigué par l’incipit,la comptine me berce, me rejetant aux conflins de mon enfance.
Puis le fou rire ! Incontrôlable ! Parce qu’écoutée au pied de la lettre, la comptine devient et reste amusante une fois expliquée.

Je la restitue telle quelle.

Ep süpsü
Dağlara taşlara su gelmiş
Sana niçin gelmemiş
Harmanlara gaz geldi
Çıkar götünü yaz geldi
Bırtlayıver (x3)

En français

Hey süpsü (= onomatopée sifflotante)
L’eau est venue aux montagnes et aux rochers
Pourquoi n’est-elle pas venue jusqu’à toi ?
L’oie est venue aux champs de blé
Sors ta croupe, l’été est venue
Jaillis (x3)

L’explication

C’est le printemps, saison où les torrents se dégèlent. Donc la sève (=l’eau) est en circulation dans les fines branches.
L’oie dans les champs creuse le sol en été, à la recherche de grain.
La croupe ici est le bout du branchage que l’on cherche à écorcer d’où le terme jaillir qui agit sur l’extrémité de la branche et l’eau en source.

Et ça nous sonne en sifflotant un sifflet des bois, en écorce, qui couine comme un canard sauvage.
Tüüüt tüt coin coin…

La seule énigme qui subside : ce sifflet ne peut être fabriqué que dans deux essences d’arbre. Lesquels ? La Mé est muette de mots et prolifique de…
Tüüüt tüt coin coin !

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Écrit sur réel : oui
Moins de 100 mots : non
Sur le vif : oui

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