[ Leiloona a instauré depuis plus longtemps que les temps immémoriaux de la Terre du Milieu une rencontre entre photo et texte. Voici son atelier ďécriture 186.

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Photo Maman Baobab

Voilà mon smatch !
[ précédement le chapitre 1 : Un jour de vol extraordinaire]

Chapitre 2 : L’atterrissage en moulin à vent

Le moulin à vent multicolore, très girly, ornement en souvenir de la petite soeur, se mit à tourner comme un fou : le vent s’était mis à souffler plus fort.
Garance le fixait, quelque peu inquiète. A moins de fortes bourrasques désordonnées ou accompagnées de pluie, elle parviendrait à maintenir la barre dans le cap. Elle avancerait plus vite…
Mais pour aller où ? Car cela faisait bien longtemps qu’elle avait dépassé le lieu ďoù elle avait décollé, si tant qu’elle avait pu le retrouver. Elle avait scruté avec soin la canopée. Celle-ci n’avait pas changée c’est-à-dire qu’elle n’avait pas retrouvé cette teinte verte tendre mais bouillonnante si familière de sa forêt natale ; non, elle gardait cet air austère de centenaire sage et pensif mais plein de mystères secrets.
Le temps passait, la nuit était tombée depuis longtemps, Garance fatiguait. L’histoire pourrait continuer ainsi, vol qui durait et pilote qui se fatiguait ; l’écrire n’aurait pas ďintérêt, la vivre serait fatidique. Garance s’engourdissait ainsi, prière muette sur les lèvres et regard fouillant l’obscurité à la recherche de la toute petite clairière que toute forêt secrètement possèdait en son sein. Si longue fut-elle, elle finit par apparaitre ; si menue soit-elle, elle fairait un terrain ďatterrissage idéal ! Remerciant de qui de droit, Garance amorça sa descente. Elle tournera pour atterrir. En spirale. Elle finira par toucher sol, non ? Ce sera laborieux que de braquer tout son poids sur un côté, peut-être même de la casse sera à l’inventaire. Pourtant rien ne la déviera pas de l’atterrissage.
Ainsi fit-elle. Tout ďabord, elle libéra ses jambes de leur gangue de couchage tandis qu’elle filait droit devant, comptant à voix basse. Se posant sur le repose-jambes, elle fit demi-tour et revint sur son chemin le même nombre de fois. Garance tourbillonna tel un condor avant de fondre sur sa proie moribonde ; elle tourna en rond et descendant ďun cran. Près du sol, elle ne calcula pas, se fiant juste à son instinct, elle sortit le train ďatterrissage soit les jambes en standby sur le repose-jambes.
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Photo de footage.com qqch sur le web.

Le choc fut dur. Les pieds trébuchèrent. Tout l’appareil sursauta et reprit un peu plus de hauteur. Puis encore une fois, un choc avec le plancher des vaches. Cette fois, moins dur, mieux amorti. Et les jambes s’activèrent : elles courrirent ! Automatiques, elles se soulevaient seules, la jeune pilote ne prêtant attention qu’à pencher son aile sur la gauche. Enfin, elles trébuchèrent sur l’herbe verte, écrasée en cercle et parsemée de feuilles déchirées par son aile puis s’arrachant lorsque Garance s’affala de tout son long et encore emportée par le planeur. Tenant fortement, désespérément la barre, elle tirait vers le sol de toutes ses forces : par-dessus elle s’écroula le planeur, piquant du nez et se plantant dans la terre stoppant ainsi la folle descente au sol.
Ses muscles se détendirent, ou bien était-ce elle qui s’envola, et Garance s’affaisa pour l’inconscient. Un frou-frou frétilla dans le silence : comme fêtant la réussite de Garance, le moulin à vent siffla joyeusement, sans cesse, veillant sur le sommeil de Garance.
Je l’entends encore…

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