Les mots sont issus d’une émission-jeu de mots populaire et télévisé constitué d’un smiley bleu : “Friandise,ramure, vingtaine, canoteur, Electre, Venise, ride, Richard, félin,crinière, cépage, panda, Lhassa, loukoum, pyramide, montre.”

La demi-vingtaine de gars couraient, affolés. Le taureau à la robe luisante, tel le Minotaure, fonçait droit devant, toute la majestueuse ramure déployée en rostre.
Courez, mes loukoums, je vais vous attrapper…
La foulée claquait mélodieuse sur les pavés de la rue bordée de lauriers opulents. La foule aux fenêtres, la ride au front, priait que ce félin bovin ne fasse pas de ces étourdis frétillants une bouchée bien succulente.
Non, pas de douceur panda dans le regard !
Un canotier s’envola, que l’animal écrasa du sabot. Les gars rallieraient Venise à Lhassa via les pyramides latines, montre en main, n’est-ce pas…
Le taureau trembla de tout le corps, comme si une vague parcourait en raz-de-marée menaçante.

Enfin le cépage se montra au détour du dernier virage du village. Il était séparé de la grand-rue par un solide enclos. Les gars redoublérent leurs efforts, le bout du tunnel enfin visible. Ils allaient être sauvés de ce monstre à la crinière rase.
La porte de l’enclos avait été laissée grande ouverte, comme à l’ordinaire. Le taureau lancé sur sa vitesse s’engouffra dans l’enclos et vira sur la droite avant d’atteindre la barrière opposée. Quelle agilité malgré ce corps musculeux.
Les gars se précipitèrent sur la porte de l’enclos avec l’énergie du désespoir. Ils s’emparèrent du loquet et le tirèrent vers eux. Et l’enfermèrent le monstre minotaurien dans l’espace de rondins.
Le taureau rugit, véritable bête à Richard, soulevant furieusement la poussière de l’enclos. Les gars, quant à eux, s’affalèrent dans la poussière loin de l’enclos.
Electre, la lycienne, une friandise à la main, avançant délicatement parmi eux, sursura : “Et là, vous allez l’emmener comment dans l’étable ?”

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