Les plumes 46, je crois, ou 49 – faut vraiment que je me (re)mette à la page – avec ces mots à égrener dans le récit tels des pas japonais sur la mare de gravier :
Belle, gardien, lapin, destin, envolée, fermer, souffle, partage, quitter, s’abstraire, voyage, cavale, réchapper, chose, respirer, poète, nid rêve, vie, doux, fugue, oiseau, imaginer, balles, poudre, bercé.

Bon, je précise : ce qui suit est une fiction ! L’image qui suit et qui vient du blog d’Aspho en est l’inspiration. Mais je crois que j’ai pas suivi le chemin escompté…

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Ça fait des jours que je n’ai pas écrit une ligne. Des mois !
Cela m’ennuie beaucoup.
Comment ai-je pu oublier d’écrire quelques mots sur tablette comme à mon habitude via le clavier virtuel ou même sur un bout de papier déchiré qui tente des envolées désespérées dans la rue au gré du vent ?
Vais-je tourner la page de cette aventure qu’était mon envie d’écriture dont j’en ai fait un talent à force de forger, le destin de toute une vie?
Ai-je donc été bercé de douces illusions ?

Cependant j’ai à ma décharge des choses atténuantes, gardien ! Eh bien, je travaille, je patrouille, je ne peux m’en réchapper, hélas ; eh oui, j’avais déjà tenté de faire la belle, et pis !
Je ne prends plus mes deux minutes pour écrire.
Je respirais la poudre et comptais les balles ; je m’abstraiyais dans le voyage, sur la route, encore sur la brèche et je me contais les rêves de poètes qui me quittaient toujours par la soute…
C’est long, deux minutes, et pourtant…

Je croisais le fer, sous la mitraille, tantôt tel un lapin, proie vivante d’un loup, tantôt oiseau de nuit se fondant sur le nid tant redouté. Je ne partageais guère : c’est le contrat qui le stipule. J’imaginais une juste fugue, pour ma pomme ou pour celle qui cavale là-devant.
J’ai toujours les yeux vides à ces moments-là. Encore à deux doigts de tomber… Je me souffle sur les mains glacées.
Tant pis, je vais écrire encore un peu.
Sur la paume. Juste quelques mots.

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