Sur l’eau, le sillage.
Au-dessus, le pont bondé de monde qui scrutait les yeux déboullonnés la rapide avancée sur l’eau.
Dans la ligne de mire, le ponton où les jeunes avironnais prennaient le plaisir d’un dernier bain après un intensif exercice de leur sport.
Et voilà, là, l’objet non identifié, qui fendait les eaux plates de la Seine à toute allure, avait coupé toute leurs action-réaction. Allait-il les percuter ?
Mais d’abord, qu’était-ce donc ? Pas un bateau, encore moins mouche, ni péniche ni zodiac. Une vague allure de vedette, prompt pilote de la Seine. Une sorte de mât montait jusqu’à se courber tel un tuyau de plomberie qui, comme briqué, brillait sous le timide soleil normand.
Ah les avironnais, figés dans leur combination de natation, furent soufflés de leur ponton: ils en tombèrent sur le bois sous l’impact houleuse de la vague.
Entra donc dans leur périmètre un cylindre de quelques mètres avec son oeil de verre qui, en plongeant tout en avançant avec vive-allure, fit téléscoper les eaux-vives de la Seine et valser les avironnais et houler la foule.
Qu’était-ce donc ce Nessie normand ?
Je n’ai que trop peu vu. Encore moins compris. Et cela fait des nuits maintenant que je rôde sur les quais, jumelles en main, que j’arpente les planches du ponton…

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