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Garance frissonna à son réveil. L’air était humide de brume. Garance frissonna. Non pas de froid comme la première fois, ou de peur comme on y voyait goutte à travers cette épaisse tulle féérique, mais de joie contenue générée par un souvenir cher à son coeur.
Elle vivait dans une des vallées les plus humides de rosée du pays ; chaque matin de printemps, la brume s’y levait aérienne telle une toile arachnéenne perlée de gouttes de rosée ; chaque soir d’automne, la brume s’y collait telle une chape de vieilles dentelles jetées depuis le fin fond du grenier.

Après cet instant de recueillement, Garance se mit au travail. Elle vérifia la viabilité de son delta-plane, son seul moyen solide de retour. Puis mangea un bout de du pack alimentaire pour finir d’inspecter les environs immédiats de son atterrissage.
Elle se trouvait dans une clairière entourée de ces arbres mystérieux qui créaient les légendes de forêts druidiques. Elle pourrait presque entendre les chants celtiques aux voix graves, les nappes mélodieuses des violons et synthétiseurs. Son imagination travaillait à vive allure, un peu moderne, un peu fantastique, qu’elle ne savait guère comment interprêter.
Il faut juste analyser, ma belle.
A première vue, la forêt semblait être impratiquable au vu des troncs tordus tels des bonzaïs. Presque.
Comment sortir de là ?
Garance avisa un arbre dont le tronc allait lui permettre de grimper. Après quelques efforts et éraflures sur les mains, elle monta le tronc à l’aide d’une ceinture de toile forte – elle n’était guère habile dans l’escalade. A la cime, ou presque, elle parvint à faire passer la tête au-dessus de la canopée, telle une noyée cherchant à respirer au-dessus du ressac. Et à l’identique, elle ne put voir qu’une infime partie de ce qu’elle déduisait : une masse végétale infinie.
Il faut marcher, ma belle !

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