Rentrez vos mots !

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(C) photo non libre de droit: ici

Photo qui a dérivée, toute voile dehors !

Le phare tenait bon. Inébranlable. Il dégoulinait comme une serpillière de gare sous les assaults fracassant de l’océan. Le fétu de paille, c’était ce navire militaire venu se réfugier dans le port, qui se laissait aller comme un syncopé.
Ce n’était pas le fort du phare que d’émettre des avis de gentillesse. Sa raison de vivre était de contrôler dans la  tempête les navires en quête de chaleur – et les coeurs. Et de les laisser repartir dès l’éclaircie.

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Image depuis asphodèle-blog, qu’une vague a fait naufragé sur la cote d’albatre…

Et puis un jour, une farandole de jeunes personnes tinrent conciliabulle sur la digue sauvage toute proche et respirer et clamer de la poésie – pas toujours juste. Caqueter, oui ! Telles ces mouettes… Des embruns trop froids… Ah, l’agacement ! Entendre vrombir des mots aussi émoussés que les roches toutes proches fut une cacophonie, à mettre entre chaque page de l’almanach du petit pays. Quelle motivation que de suivre ce chemin alors qu’il n’était pas aussi solide !
Un jour vint l’éparpillement. Il n’y a plus personne à la maison. Les vagues roulaient mélancoliques. Elles avaient pris le large, une planche sous les doigts, et surfer sur VVV, dilletante toile qui compte les visites par millions de cliques. Que nenni, c’était lui le coupable ! Lui qui avait fait taire la tempête de mots qui les rendaient ivres, insomnies en tête, folles – et fous aussi, quelquefois.
Comme cette fois où ils avaient croisé le fer à l’aide d’un passe-partout bricolé et grimpé l’escalier raide jusqu’à la cime de verre et clamé leur victoire !
Quel minuscule souvenir ! Et pourtant c’est lui qui le réchauffe au coeur même des tempêtes nouvelles !

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